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Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora]

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MessageSujet: Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora] Dim 23 Fév - 16:32

Depuis que Létha s'occupait du service dans cette pâtisserie, le patron avait dix fois plus de commandes ! Il savait que la générosité d'âme de Létha y était pour beaucoup. Elle n'était jamais avare de paroles et, même si au début il eut peur de la réaction de ses clients, au final, il voyait bien qu'ils étaient ravis. D'ailleurs, Létha ne s'était même pas aperçu que le nombre de clients masculins augmentaient aussi. Ils faisaient toujours attention à ce que cela soit Létha qui les serve. Et ils en rajoutaient toujours un peu plus avec leurs blagues. Mais Létha ne semblait ne rien voir ou comprendre. Elle leur offrait des rires avec plaisir et ils étaient ravis.

- Bonjour Mesdemoiselles. Que désirez-vous aujourd'hui ? Ohhh ouaouhh si je puis me permettre, votre haut vous va à ravir ! C'est une magnifique couleur. Où l'avez-vous eu ? Si je ne suis pas indiscrète bien sûr !

- "Non, non. Je l'ai eu à la boutique en face de l'horloger, dans le centre. Je vais vous prendre un parfait au chocolat".
- "Et moi, un délice au citron".
- "Et pour moi, ce sera un craquant à la fraise".

Et voilà comment Létha repartit avec une commande de cinq gâteaux. Elle servit donc la table des trois filles et elle termina par celle des deux garçons qui lui souriaient souvent et elle partit s'asseoir un instant derrière le comptoir.

- "Tu vas bien Létha ? Depuis quelques jours je te trouve beaucoup plus pâle que d'habitude ...
- Non, tout va bien M. Roger, je vous rassure. J'ai ... J'ai un peu mal dormit cette nuit, mais rien de bien grave. Comment se porte votre petite Mélissa ?

Il la regarda guère convaincu et il lui répondit pour ensuite repartir dans l'arrière salle pour amener les différents plateaux que Létha mettrait ensuite en rayon. d'ailleurs, celle-ci entendit la clochette de la porte et elle se présenta de cette nouvelle personne. Son plateau en main, elle s'inclina de suite.

- Bienvenue au Doux Sucré, que désirez-vous comme gourmandise ?


Elle se releva souriante et rayonnante de joie.

edit staff : Merci de mettre une couleur comme dit dans le règlement et pas un vulgaire gras.


Dernière édition par Létha Enderstar le Lun 10 Mar - 14:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora] Ven 28 Fév - 16:03

Le ciel était magnifique : une luminosité parfaite, un bleu doux qui s'assombrissait lorsqu'on portait son regard vers l'horizon. Il était vide de tout nuage, paisible. À le voir on aurait pu se dire qu'il devait faire un froid tranchant dehors, si on avait été en hiver. On pouvait vraiment avoir de tout au printemps, du temps radieux aux giboulées.
Mais Sora ne profitait absolument pas de cette météo parfaite actuellement. Enfin seulement en partie, à travers le verre de la fenêtre de sa chambre. Il avait installé un siège devant et replié une jambe contre lui pour pouvoir y déposer sa tête et, désormais, ses yeux bleus fixaient l'extérieur tandis que son esprit s'égarait. On retrouvait autour de lui aussi peu d'agitation que dans la vaste voûte azure qui se découpait à travers ses carreaux : il pouvait entendre vaguement le tic-tac de la pendule du salon en y prêtant attention et non loin de lui dormait Alfic qui de temps à autre lâchait un ronflement mais, à part cela, l'appartement était vide. Hellias, le Chain à forme humaine qu'il avait rencontré récemment et qui partageait l'appartement avec lui, avait décidé de profiter du beau temps pour sortir faire quelques achats et se promener un peu. Quand il lui avait proposé de l'accompagner notre contractant avait refusé, prétextant avoir d'autres choses à faire de son côté, mais la vérité était qu'il avait préféré ne pas sortir dans son état actuel. Son colocataire avait-il senti le changement qui s'était opéré, ses sens de Chain l'avaient-ils averti ? Si c'était le cas, il n'en avait rien montré.

Décollant son regard du bout de ciel qu'il pouvait apercevoir avec une certaine lassitude provoquée par la fatigue, Sora le porta vers son torse tout en tirant sur sa chemise à moitié déboutonnée. Il était là. Elle était là. Cette aiguille. État second, choc qui durait depuis quelques heures et contre lequel sa fatigue n'aidait en rien.
Quand une douleur vive avait crispé tout son corps la veille vers le début de soirée, alors qu'il était tranquillement installé sur son lit, le jeune homme n'avait absolument rien compris. Il avait vaguement vu la tigresse apparaître près de lui, avait compris qu'elle tentait de lui parler, mais il devait déjà lutter pour ne pas perdre conscience alors comprendre ce qu'elle disait était peine perdue. D'ailleurs, même avec toute sa volonté, il avait fini par succomber aux ténèbres de l'évanouissement.
Quand le jongleur s'était réveillé le lendemain matin, une sensation désagréable au niveau du torse l'avait poussé à regarder ce qui la provoquait. Est-ce qu'un essaim de moustiques s'en était précisément pris à cette zone pendant la nuit ? Ça aurait été étonnant, mais pas autant que la vraie raison. Quel ne fut pas son choc, quand il constata que l'aiguille de son tatouage, celui qui représentait son pacte avec Alfic, avait bougée. En parlant de la Chain, elle s'était alors doucement approchée en le fixant. Ils savaient tous les deux ce que cela signifiait : le compte à rebours était lancé. Encore onze mouvements et leur contrat les enverrait tous les deux dans l'Abysse. Jamais la réalité de son destin ne l'avait autant frappé jusque là mais, quand on y pensait, c'était déjà un miracle que son seau ne se soit pas encore mis en marche au bout de six mois.

-Tu devrais sortir. Un peu d'air frais te ferait du bien.

Ah, son amie quadrupède était réveillée. Le ton de sa voix disait qu'elle était inquiète pour lui. Sans doute qu'elle s'en voulait, après tout c'est elle qui lui avait proposé ce pacte maudit. Mais ils avaient déjà eu ce genre de conversation : elle savait que si elle s'excusait, Sora lui dirait que ce n'était pas sa faute, qu'il avait accepté ce lien de son plein gré. Peut-être avait-il été idiot, de se jeter ainsi dans la gueule du loup, de chercher sa perte ainsi. Mais à l'époque il pensait n'avoir plus rien à quoi se raccrocher, plus rien du tout. Ally était arrivée dans sa vie deux ans et demi après la mort de Létha mais, à cette époque encore, l'associé défendu était complètement perdu, abattu, ravagé. C'était après avoir passé ce contrat avec la fauve qu'il avait repris un peu goût à la vie, alors même s'il ne devait lui rester que quelques mois à vivre, ils allaient sans doute être riches. Un peu comme le dernier embrasement d'une flamme avant son extinction est le plus vigoureux.
Il secoua légèrement la tête avant de répondre.

-Je ne suis pas sûr. Qui sait, mes jambes pourraient encore me trahir à tout moment.

Cela fit soupirer Alfic. Elle ne connaissait bien, les mensonges ne marchaient pas avec elle.

-Tu as bien assez récupéré pour pouvoir te balader. Vas donc, profites du soleil, ça te redonnera un peu d'énergie. Ah et, achètes des pâtisseries au passage, j'ai envie d'un Opéra.

Un mince sourire étira brièvement le coin des lèvres du jeune homme. Elle voulait juste lui donner des raisons de sortir tout en lui faisant abandonner l'idée de ne pas la laisser seule.
Il regarda une nouvelle fois dehors, en proie au dilemme, puis finit par capituler.

-Tu as sans doute raison. Se levant lourdement, il s'étira, ferma correctement sa chemise et attrapa une veste tout en continuant. Je n'en aurai pas pour longtemps, ne fais pas de bêtise.

Et hop, deux minutes plus tard, le voilà à l'extérieur.
Une douce brise jouait avec ses cheveux et rendait l'air très agréable. Inspirant profondément, Sora ferma les paumières un instant, immobile au pied de son immeuble. Ensuite, il enfonça les mains dans les poches de sa veste et se mit en route sans direction précise en tête. Ses pas le firent passer par le parc, avant de le faire rejoindre des rues plus en centre-ville. Et tout le long, sans qu'il ne sache pourquoi, des souvenirs lui revenaient, bribes d'un destin perdu et de jours heureux.
Il erra encore un peu, les pensées dans le vague, avant de juger qu'il était temps d'acheter les gâteaux. Ses yeux se posèrent alors sur une pâtisserie, sur lequel il jeta son dévolu. Quand notre Enderstar franchit la porte, il était toujours perdu dans ses pensées...

-Bienvenue au Doux Sucré, que désirez-vous comme gourmandise ?

Boum. Son cœur loupa un battement. Non pas parce qu'il était surpris qu'on l'interpelle, mais parce que cette voix faisait écho à l'une de celles qui habitaient son passé. Il pivota soudainement la tête vers la personne qui venait de l’accueillir et, là, tout s'arrêta. Le temps, son sang, sa capacité de réflexion. Sous ses yeux se trouvait la femme de sa vie – ou tout du moins, une réplique conforme. Sa lèvre inférieure se mit à pendre, ce qui devait lui donner une expression particulièrement idiote mais c'était bien le dernier de ses soucis pour l'instant.
C'était impossible. Ça ne pouvait pas être elle, il l'avait vue mourir sous ses yeux. Mais pourtant, Sora était sûr et certain de ne pas pouvoir se tromper, pas quand il s'agissait d'elle. Cette voix, le doux sourire qu'elle lui avait affiché en se redressant, sa manière de se tenir, tout en cette demoiselle était exactement identique. Tellement qu'au bout de deux secondes passées bêtement debout devant elle, il bafouilla finalement bien qu'avec difficulté à cause du choc :

-Létha... ? Que.... ?

Pourquoi la voyait-elle ici, son imagination lui jouait-elle des tours.... ?

[Hrp : voilà, en espérant que ça t'ira ! Si jamais ce n'est pas le cas, n'hésites pas à me Mp ^^]
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MessageSujet: Re: Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora] Lun 10 Mar - 15:08

Elle se tenait là, face à lui. Son sourire était figée, ses mains jointes crispées sur le devant de sa jupe. Elle essayait de ne rien montrer de ses émotions, mais le voir aussi choqué, c'était tellement dur à voir. Elle avait envie de le prendre dans ses bras, de lui dire que tout allait bien mais en vérité, elle était aussi terrorisée que lui. Elle regardait ses beaux yeux bleus qui avait perdu de leurs joies, virant au gris acier. Il avait le visage émacié. Ils n'avaient jamais eu une vie faste, mais le voir ainsi encore plus maigre qu'avant, cela lui serra le coeur. Elle avait envie de passer ses doigts dans ses cheveux gris qu'elle aimait tant. De poser sa main contre son torse pour se lever sur la pointe des pieds et lui déposer un baiser tendre sur sa joue. Elle avait envie d'un tas de choses et pourtant, elle ne bougeait toujours pas. Que pouvait-elle lui dire ? "Salut, c'est moi. Je suis de retour !". Mais de retour où ? Comment ? Elle même ne comprenait rien. Elle devint livide et elle sentait que ses jambes faiblissaient. Encore quelques secondes ainsi et elle finirait pas tomber à genoux devant lui. Elle ne devait pas paraitre faible. Il ne fallait pas qu'il s'inquiète pour elle. Alors quoi ? Que devait-elle lui répondre ? "Je ne sais pas de quoi vous parlez monsieur ?". Et alors qu'elle continuait de le fixer, c'est un garçon qui se leva de sa table pour venir vers eux. Il avait à peu près le même âge que Sora, peut être deux ou trois de plus. Il toucha le coude de la jeune fille et il regardait étrangement Sora du coin de l'oeil.

- Létha ? Tu vas bien ? Tu es livide. On dirait que tu as vu un fantôme. Vient assis toi quelques instants.

Elle ne bougeait pas, continuant de regarder avec insistance son mari. Enfin non son ex mari. Enfin qui était-il maintenant pour elle ? Ses yeux devinrent implorant. Elle ne savait plus quoi dire. Le garçon raffermit sa prise sur le coude de Létha et il l'installa sur une chaise.

- Je vais te chercher un verre d'eau.

Elle ne l'écoutait pas, mais elle n'avait jamais vu ce garçon si familier avec elle. Pourquoi maintenant ? D'ailleurs son compagnon de table vint lui aussi se poster près d'elle et il croisa les bras en regardant Sora.

- Tu es qui toi ? Tu as fait du mal à Létha ? On t'interdit de l'approcher c'est compris !


Et il se posta devant la table, empêchant Sora de voir la jeune fille assise l'air perdu. Le second garçon revint pour donner le verre d'eau dans ses mains et c'est là qu'elle pencha enfin la tête en avant pour regarder le verre. Sa première véritable réaction depuis que Sora était devant elle. Elle devait dire quelque chose, mais elle ne savait pas très bien quoi dire. Et puis ces garçons autour d'elle commençait à l'inquiéter. C'était gentil de leur part de prendre soin d'elle, mais Sora était particulier pour elle. C'était l'homme qu'elle aimait. Elle essaya bien de parler, mais le second garçon se posta lui aussi à côté de son ami. Et cette fois Létha ne voyait plus du tout Sora. Elle se leva d'un bond, faisant tomber le verre d'eau dont les morceaux de verre jonchèrent le sol. L'eau se répandait à ses pieds et sur le bas de jupe. Et c'est d'une voix inquiète, les mains nouées contre sa poitrine qu'elle dit.

- Sora ?

Les garçons s'étaient écartés et ils purent voir le visage inquiet de Létha. Ils regardèrent tour à tour Sora et Létha. Eux non plus, ils ne comprenaient pas ce qu'il se passait.
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MessageSujet: Re: Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora] Dim 16 Mar - 0:56

Elle était morte. Il en était sûr et certain. Sinon, pourquoi aurait-il erré pendant trois ans sans autre raison de vivre que « elle ne voudrait pas que je la rejoigne de mon plein gré » ? Pourquoi marcherait-il, aujourd'hui encore, avec une plaie au cœur qui ne pourrait jamais cicatriser parfaitement ? Est-ce que la douleur qu'il avait enduré, celle de voir son monde s'effondrer mais d'y survivre, est-ce que tout ce qu'il avait vécu après ce funeste moment aurait encore un sens alors que la conviction sur laquelle il s'était basée, celle avec laquelle il avait avancé chaque jour, était en fait erronée ? Tout ce temps, Sora s'était ruiné à petit feu. Sa voix, son sourire, sa chaleur, son émotivité, ses manières, son âme, son corps, tout avait disparu en l'espace d'un éclair pour ensuite, à travers ses habitudes et toutes ces choses qui n'étaient déjà plus que des souvenirs, lui rappeler de la manière la  plus cruelle qui soit ce manque, cette absence : son quotidien n'était plus le même, les choses avaient changé, tous les jours il avait été forcé de constater qu'elle n'était plus à ses côtés, ne partageait plus sa vie. Le matin suivant ce décès il s'était presque attendu à la voir s'affairer dans la maison en se levant, à s'asseoir à une table où trôneraient deux tasses, à pouvoir contempler juste en face de lui son visage doux et gai et lui rendre un sourire, mais sa présence si familière avait disparue. Quand il allait pour dire quelque chose mais ne la voyait pas, quand il croyait l’apercevoir dans la foule, quand ses yeux la cherchaient vainement dans un ciel nocturne désespérément placide, silencieux et immuable, le jeune homme qui pensait pourtant avoir atteint le fond se sentait à chaque fois sombrer un peu plus dans ce gouffre mêlant chagrin et désespoir.

C'était en partie pour cela qu'il avait quitté Réveil peu après. Trop d'endroits lui rappelaient ce que jamais il ne pourrait oublier, chaque minute qui passait était encore moins soutenable que la précédente. Sora avait cherché à s'enfuir en errant sans but dans l'inconnu. Non pas que cette méthode lâche avait réellement fonctionné, tout ce qu'il y gagna fut la solitude complète. Le monde et sa propre existence lui apparaissaient en monochrome, comme si tout avait perdu de sa saveur.
Cette période dont le contractant illégal n'aimait pas se rappeler avait duré jusqu'à ce fameux soir où Alfic était venue à lui. Après cela il avait repris un peu goût à la vie, trouvant même le courage de revenir dans la capitale. Il avait renoué avec sa famille – partiellement, un voile étrange subsistait encore entre eux – et s'était même trouvé quelques amis, comme Hellias ou Kyrielle. On pouvait dire que la tigresse l'avait sauvée, bien que ce soit contradictoire quand on savait que leur pacte accélérait la venue de sa mort. Le jongleur pouvait enfin envisager qu'un jour, il serait capable de se retourner sur son passé et de sourire à ces tendres souvenirs, sans que la peine ne menace de le détruire. Oh il ne se faisait pas de faux espoirs, jamais il n'aurait été capable d'oublier Létha, ses sentiments pour elle ne le quitteraient pas et l'auraient rendu incapable de se lancer dans une nouvelle relation. Mais ne pas pouvoir se remémorer le passé sans se sentir submergé par lui et être incapable de libérer une place importante dans notre cœur n'est pas la même chose.
L'associé défendu pensait enfin pouvoir desserrer un peu ses menottes et alléger le poids qu'il traînait avec lui depuis des années qui lui avaient semblé à la fois si longues (de par l'absence) et si courtes (de ce que son intellect lui disait).

Pourquoi était-elle là ? Ce n'était pas logique. Sa fatigue devait lui jouer des tours. Intérieurement il devait avoir envie de la revoir et avait confondu une jeune serveuse avec elle.
Non, c'était impossible, il le savait. Sora ne pouvait pas la confondre avec qui que ce soit, encore moins de si près et en ayant entendu sa voix. C'était bien celle qui occupait toujours son être entier. Mais sa logique n'acceptait pas sa présence ici, ne voulait pas l'assimiler. La même question tournait encore et toujours dans son esprit, l'hébétant, l'hypnotisant. Son inconscient tenta presque d'effacer tout cela, de le faire continuer sa journée comme rien n'était, mais n'en fut pas capable. Létha était bien trop importante à ses yeux pour.
Et puis, quand un type approcha pour se montrer plutôt proche d'elle, il ne put s'empêcher de regarder l'endroit où sa main se posa sur celle de la jeune femme. Que ressentait-il ? Très sérieusement, lui-même n'en savait trop rien. Au début le choc l'avait juste rendu incapable de penser ou sentir quoi que ce soit mais, après un petit moment, une légère pointe de jalousie monta, rapidement remplacée par du fatalisme. Si c'était un grand ami à elle voir plus... Non, il ne voulait pas l'envisager en fait.
Ensuite, cet inconnu mena la demoiselle jusqu'à une table où se trouvait déjà son ami et apporta un verre d'eau. C'est à peu près à ce moment que notre jeune Enderstar revint un peu à lui et esquissa un mouvement hésitant dans la direction de Létha en la fixant, comme un enfant fixe sa mère en faisant ses premiers pas. Cependant l'inconnu numéro un vint rapidement l'empêcher de la voir, rejoignant le numéro deux devant la table en prenant une pose virile.

Voilà qui lui déplut sans raison apparente. Mais Sora n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit qu'un bruit de verre se brisant sur le sol firent se retourner les deux individus et capta son attention : celle qui ressemblait beaucoup à Létha s'était sans doute levée d'un bond, puisque l'eau qu'on venait de lui apporter s'était répandue un peu partout et que le récipient s'était éclaté sur le sol. Puis elle prononça son nom et là, alors que tout semblait se figer dans la stupeur, il ressentit une vague le parcourir qui balaya ses doutes. Sur un coup de tête il se dirigea vers elle, l'attrapa par le poignet et la guida vers la petite ruelle située derrière la boutique sans laisser les deux autres hommes l'arrêter.
Il fit encore quelques pas avant de la lâcher, puis trois autres avant de se retourner. Les doigts de sa main droite vinrent glisser dans sa chevelure argentée, tandis que l'artiste de rue cherchait que dire. Au final, ses paroles fusèrent toutes seules.

-Pourquoi ? Pourquoi es-tu ici ? Comment ?!

Son ton s'était fait bien plus dur qu'il ne l'aurait voulu. Son but n'était pas de l'agresser. Sa propre agressivité l'agaça profondément, assez pour qu'il s'en morde violemment la lèvre inférieure de sa canine en serrant les poings. Du calme, s'imposa-t-il. Le jeune homme ferma un bref instant les yeux en inspirant profondément pour expirer tout cet air lentement, avant de la regarder à nouveau. Ce visage..... Bon sang, elle n'avait pas changé du tout ! C'était comme s'il venait de revenir en arrière, que ces trois dernières années n'avaient été qu'un rêve étrange. Soudain, il se retrouva à l'instant précis où ses lèvres se posaient pour la dernière fois sur un front et des lèvres froides. Une nouvelle fois, une détresse mêlée à une peine sans nom ni fin le percutèrent de plein fouet dans une tentative vicelarde de le faire chavirer, lâcher prise, s'oublier. Ce désespoir était sans doute visible dans son regard et percevable dans son ton quand il reprit la parole.

-Je te croyais morte...

Son regard, dont le bleu-gris avait jusque là soutenu l'émeraude de celui de Létha, se baissa un peu afin qu'elle ne puisse pas voir plus longtemps quel état de dévastation sa « mort » l'avait laissé. C'est alors qu'il se rendit compte qu'elle était complètement trempée - ce qui ne devait pas être agréable puisque sans faire froid il ne faisait pas particulièrement chaud non plus et que des courants d'air traversaient la ruelle - et entreprit de retirer sa veste pour la lui donner.

-Tiens... Puis pendant qu'elle la mettait. Pardon de m'être emporté... Je...

Coupure, sa voix ne voulait plus répondre. Remontant ses yeux pour les laisser rencontrer une nouvelle fois ceux de la femme de sa vie, Sora se contenta de la regarder, légèrement perdu dans ses mots et ses sentiments. C'était au tour de Létha de parler.

[HRp : en espérant que ça t'ira QwQ]
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MessageSujet: Re: Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora] Dim 16 Mar - 9:56


Dans la ruelle, elle le regardait.
Dans la ruelle, elle examinait chacun de ses gestes.
Dans la ruelle, son coeur se serrait à chacune de ses paroles.

Elle prit la veste en faisant bien attention de ne pas le toucher et elle dit un "merci" à peine audible en mettant le vêtement sur ses épaules, s'en enveloppant comme d'une cape. Elle ne s'en rendait pas compte, mais elle tremblait. Elle ne tremblait pas de froid, elle tremblait de peur. Tout ce qu'il lui disait, elle le savait mais elle même elle ignorait cette réponse. Pour elle c'était hier. Pour elle c'était il y a un éternité. Elle ne comprenait plus le concept de temps, car elle était aussi perdu que lui. Elle ignorait tout de ce qu'elle faisait ici. Elle avait décidé de reprendre sa vie comme si de rien n'était, mais sans Sora, cette vie ne méritait pas d'être vécu. Elle avait bien tenté de le revoir, enfin plutôt de l'admirer en douce, mais elle ne l'avait plus jamais revu près de leur appartement. Elle avait finit par comprendre qu'il n'y vivait plus. Il devait être avec une autre femme maintenant ...

Mais ce qui la choquait surtout, c'était de voir son regard. Un regard hanté,noir, violent, souffrant. Il souffrait tant.Cela lui faisait tellement mal de voir à quel point il souffrait. Une souffrance où son coeur semblait être à vif, du sang perlant une goutte à chacun de ses pas, de ses souffles. Et enfin Létha comprit qui le mettait dans cet était depuis tant d'années.

Elle.
Elle !
Elle ...

Elle baissa ses yeux vers le sol et elle serra un peu plus la veste contre elle. Mais même ce geste la fit souffrir. Elle voulait lui dire qu'elle était désolée. Désolé d'être morte. Désolé d'être vivante. Désolé qu'il les retrouvait. Désolé de l'avoir tant fait souffrir. Elle s'était recroquevillé sur elle même et elle voulait que cet instant n'existe jamais. Vivre en le pensant avec une autre femme la faisait souffrir, mais elle se rendait compte que vivre avec ce sentiment était finalement bien plus facile que de voir la souffrance qui transparaissait de l'être qu'elle aimait plus que tout au monde. Comment ? Comment pouvait-on faire souffrir à ce point l'être que l'on aime ? Qui était-elle pour lui faire autant mal ?! Ses mains tremblaient. Ses lèvres tremblaient. Ses yeux papillotaient d'angoisse. Elle voulait le prendre dans ses bras, lui dire que tout allait bien, que tout ceci ... Que tout ceci ... Que tout ceci c'était quoi ? Elle n'en savait rien au juste.Mais avait-elle encore le droit de le toucher ? De le réconforter ? D'être son sanctuaire de paix ? Elle leva lentement son visage vers lui et elle s'apprêtait à parler quand les deux garçons revinrent à la charge.

-Pour qui te prends-tu toi ? Laisse Létha tranquille !
- Il t'a fait du mal ? Tu vas bien ?

Oui, il lui avait fait mal. Oui, il lui faisait du mal. Mais certainement moins que ce qu'elle lui avait fait ! Et elle voyait la situation dégénérer. Elle voyait que tout cela allait finir mal. Et elle ne voulait pas être responsable de cela.

- GOMEN !

Elle s'inclina, alors que ses mains se mettaient sur ses genoux et qu'elle ne quittait pas cette position.

- Je suis désolé. Si désolé Sora !

Et des larmes tombèrent au sol. Les deux garçons se sentirent bien bête et ils finirent par partir et par les laisser tranquille. Létha ne bougeait pas alors qu'elle n'avait qu'une seule envie : fuir ! Ne plus lui faire du mal. Jamais !

- Pardonne moi Sora. Je suis si désolé. Je voudrais tellement remonter le temps. Je voudrais tellement que tu ne m'ais jamais rencontré ! GOMEN !

Ses poings se serrèrent sur ses genoux alors qu'elle gardait toujours sa position soumise. Et elle finit par se laisser glisser au sol et par relever son visage en larme vers lui.

-Je ... Je ne sais pas ce que je fais ici Sora. Pardonne moi. Je ne voulais pas ... Je ne voulais pas que tu souffres ... JE ME HAIS !

Elle mit ses mains contre ses tempes en faisant non de la tête et Sora put voir qu'une poubelle commençait à trembler.

- Sora. Je ... Je suis perdue. Je fais quoi ci. Pourquoi ? Pourquoi je te fais souffrir ?

La poubelle vibrait tellement que cette fois-ci, elle se mit à léviter à quelques mètres du sol.

- Sora, je suis morte !

Oui. C'était vrai. Elle était morte. Alors que faisait-elle ici ? Et la poubelle fonça sur elle. Car après tout, c'était elle la méchante de cette histoire.
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MessageSujet: Re: Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora] Mer 26 Mar - 16:16

Il devrait être heureux de la retrouver, de savoir qu'elle n'était pas morte. Après tout, elle était la femme de sa vie. Mais pour le moment Sora était terriblement confus, et il y avait de quoi : face à lui se trouvait une... Revenante ? Oui, pour lui, c'était exactement ça. Ce n'était pas tous les jours qu'on tombait nez à nez avec quelqu'un qu'on croyait avoir vu mourir, une personne très importante de surcroît. Il ne savait pas que ressentir en ce moment, la situation lui semblait irréelle.
Était-ce un rêve ? Dans la mesure où il n'avait vu Létha que dans ce monde d'illusions crées par l'inconscient pendant trois ans, le jeune homme aurait pu le croire. Mais la douleur de son cœur qui battait la chamade, la sécheresse de sa gorge qui lui donnait du fil à retordre pour parler ainsi que le tourbillon d'émotions qui se levait en lui quand il posait les yeux sur elle ne pouvaient mentir. Quand bien même la jeune femme aurait tenté de le convaincre qu'elle n'était pas celle à qui il pensait, il ne l'aurait pas cru. Maintenant que l'artiste de rue la voyait en chair et en os juste en face de lui, avait la possibilité de tendre la main vers elle, il se demandait comment il avait bien pu penser que ses songes étaient un reflet fidèle de la réalité : les deux n'avaient rien à voir ensemble, l'influence qu'elle avait sur ses sentiments, ses réactions et son être tout entier était de loin bien plus grande en vérité que dans toutes les chimères qu'il aurait pu se faire ou avoir.

Sora aimait Létha du pus profond de son être et savait que c'était réciproque. Ou, du moins, ça avait été le cas. Ils s'étaient jurés de vieillir ensemble, avaient été heureux et auraient dû fonder une petite famille. Qu'avaient-ils faits, pour mériter qu'on leur arrache ce bonheur de partager notre vie avec la personne qu'on aimait le plus ? Quel dieu, quel démon cruel et perfide avait jugé bon de ne pas les laisser en paix ? De les priver d'un avenir radieux qu'ils auraient connus ensemble ? Allez donc savoir. Et, tout compte fait, sans doute que notre contractant illégal ne désirait pas vraiment de réponse à ces questions : il cherchait probablement, simplement, à blâmer quelqu'un ou quelque chose pour ses malheurs. Alors, pourquoi ne pas jeter son dévolu sur une quelconque providence ? L'avantage, c'est qu'il pouvait hurler, rager, pleurer, s'énerver autant qu'il voulait contre elle, mais qu'elle ne pourrait rien lui répliquer. Pas même les paroles qu'il craignait le plus, celles qui se répétaient sans fin dans son esprit mais voulait ignorer.
« C'est de ta faute. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, meurtrier ».
Lui à cause de qui qui certains membres de la troupe avaient été humiliés puis virés, lui qui avait causé la mort de l'homme qui l'avait élevé comme un père. Son karma l'avait rattrapé, lui le talisman de malchance, et avait apporté à l'être qu'il chérissait le plus un funeste cadeau. Au fond, ne l'avait-il pas mérité ? Lorsqu'on ôte une vie, ne faut-il pas s'attendre à ce que la Mort ne nous fasse essuyer une grande perte ?

Regardez-les, contemplez cette nouvelle ironie du sort. Il fut un temps où chacun était comblé rien qu'en étant avec l'autre, où ils avaient connu la joie. Et maintenant ? Ces deux amoureux venaient à peine de se retrouver mais, déjà, ils se blessaient mutuellement. Pour une personne extérieure cette scène avait sans doute des airs de tragédie romantique. Pour eux, c'était un instant difficile, douloureux, déstabilisant. Une conversation à cœur ouvert au scalpel dont chaque mot était une poignée de sel lancée sur cet organe blessé.
Qu'est-ce que Létha faisait ici ? Ça, notre jeune Enderstar aurait bien aimé le savoir. Les défunts ne reviennent pas à la vie, il en était persuadé. Seulement, quelle autre explication pouvait-il y avoir ? La réponse était assez logique, quand un contractant tel que lui y pensait posément, or il était pour le moment loin d'être posé. Au contraire, puisqu'il s'était montré plus agressif qu'il ne le voulait envers elle.
Sa bien-aimée n'avait, malheureusement, pas d'information à lui fournir sur le fait qu'elle soit vivante. En revanche, dès qu'il eut fini de parler, au moment même où les deux clients revenaient à la charge, elle s'inclina en s'excusant maintes fois. Cela lui provoqua un pincement au cœur : pourquoi ? Comment en étaient-ils arrivés là ?
Quand la demoiselle se laissa tomber à terre, c'est un Sora désemparé qui fit un pas vers elle en tendant la main avec aussi peu de force qu'il n'en mit dans sa voix.

-Létha...

Mais le flot de paroles n'était pas terminé. Ce n'était pas en parlant tout bas qu'il pourrait l'arrêter. Elle lui dit alors qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait ici, qu'elle était perdue, qu'elle s'en voulait. Qu'elle était morte. Il aurait pu la contredire sur plusieurs de ces points mais pas le dernier, pas avec les souvenirs sombres qui le hantaient.
Le vagabond avait fait un nouveau pas vers sa fiancée alors qu'elle parlait (ex ou pas ? ). Soudainement, un mouvement suspect attira son attention. Pile alors qu'elle finissait, une poubelle fonça sur Létha comme pour attenter à sa vie. Tout passa alors aux oubliettes. Par pur réflexe, sans réfléchir à quoi que ce soit d'autre que la sécurité de la femme qu'il aimait, il se jeta sur elle en lâchant un « attention ! » pour être son bouclier tout en protégeant sa propre tête avec un bras. C'est justement celui-ci qui reçut l'objet, un coup qui arracha une grimace de douleur à l'associé défendu.
Cela dit, au lieu de se soucier de son bras (qui n'aurait rien à part un gros bleu), il s'écarta de Létha tout en posant ses mains sur les épaules de cette dernière pour lui demander avec une légère panique dans la voix :

-Tu vas bien ?

Il constata assez rapidement qu'elle n'avait rien et lâcha donc un soupir de soulagement.
C'est alors qu'en un éclair, tout lui apparut plus clairement. Ses yeux s'agrandirent tandis que Sora fixait Létha.

-Non, tu ne serais pas devenue... Une Chain... ?
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Au Doux Sucré - Que désirez-vous comme gourmandise ? [Sora]

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